Réalisés en 1825 durant l’exil de Goya en France, les Taureaux de Bordeaux représentent l’une de ses dernières explorations techniques. Dans cette série de lithographies, l’artiste revient au thème de la tauromachie avec une liberté et une spontanéité accrue.
La lithographie, technique alors relativement récente, lui permet de travailler avec plus d’immédiateté et de fluidité. Les scènes saisissent le dynamisme du spectacle, la tension du mouvement et l’énergie collective du public. Par rapport au dramatisme plus construit de la Tauromachie, les compositions apparaissent ici plus vibrantes et synthétiques.
Ces œuvres révèlent un Goya âgé mais toujours innovant, ouvert aux nouveaux procédés et aux nouveaux langages visuels. Les Taureaux de Bordeaux clôturent son parcours de graveur tout en annonçant certaines orientations de l’art moderne.
Un tirage de cent exemplaires fut réalisé à l’atelier de Gaulon et les collections complètes sont très rares. Goya voulut y obtenir des effets picturaux semblables à ceux de ses tableaux. Elles sont faites d’une manière apparemment négligée, nous y apprécions des corrections dans l’utilisation du crayon lithographique mais la spontanéité et la maestria d’un Goya presque octogénaire dans la représentation des hommes et des animaux sont surprenantes. Ces scènes peuvent être rattachées à certains des petits tableaux de thèmes tauromachiques peints dans ces années-là.